C’est dans le dernier tiers du XIe siècle qu’est née l’abbaye d’Orval, sur le site d’un petit oratoire, au fond d’une vallée verdoyante de l’actuelle commune de Florenville. Sa fondation a été voulue ou encouragée par la duchesse Mathilde de Toscane, épouse de Godefroid III le Bossu, duc de Basse-Lorraine, issu de la prestigieuse lignée des comtes d’Ardennes et de Verdun, mais peu favorisé par la nature ainsi que son nom l’indique. De leur union naquit une fille, Béatrice, morte après quelques semaines, en janvier 1071. Ultérieurement, la communauté orvalienne, où des chanoines réguliers avaient succédé aux moines, s’est rattachée à l’ordre de Cîteaux. Au siècle dernier, le monastère a été reconstruit à côté de ses ruines médiévales ouvertes aux visiteurs.
Voilà ce que nous savons d’à peu près certain. Mais ici comme ailleurs, la légende n’a pas manqué de venir se greffer à l’histoire. De celle que perpétue une fontaine fameuse baptisée du nom de Mathilde, la plus ancienne version, datée de 1549, est due à Richard de Wassebourg, chanoine de Verdun. La duchesse aurait perdu un anneau d’or dans ladite fontaine, qu’elle nomma pour cette raison Orvaulx, appellation transmise à l’abbaye ainsi qu’à la toponymie locale. Dans des moutures ultérieures du même récit, il sera aussi question d’une truite qui, en réponse à une supplication de Mathilde à Dieu, serait apparue à la surface de l’eau, portant dans sa bouche le précieux anneau. D’où la décision de faire en sorte que ce lieu béni soit un lieu religieux.
Dans tout conte, un fond de vérité peut s’être niché. C’est bien ce qui ressort de la thèse que défend le journaliste David Pierson (Belga, TV Lux) après une longue enquête sur les origines de l’établissement gaumais, perdues « dans les brumes de l’histoire » [1]. Si on l’en croit, la clé de l’énigme serait à trouver dans… La divine comédie de Dante.
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