De tous les peuples de la Gaule…

L’éloge de la bravoure des Belges par Jules César ainsi que ses descriptions des lieux et des peuples ont alimenté le patriotisme bien avant le XIXè siècle « nationalitaire » et romantique. Dès l’époque bourguignonne, des lettrés et des érudits ont cherché dans ce passé lointain l’unité précoce et la constance résistante de notre histoire

« La Garonne sépare les Celtes [Gaulois] des Aquitains, la Marne et la Seine les séparent des Belges. De tous ces peuples, les Belges sont les plus braves, parce qu’ils sont les plus éloignés de la culture et de la civilisation de la Province [romaine]… » L’historien Jean Lejeune, qui fut un de mes professeurs à l’Université de Liège, rapportait volontiers l’anecdote de l’écrivain Charles Bernard dont le professeur de latin, arrivé à ce passage célèbre des Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules César [1], ajoutait: « Debout, Messieurs, saluez!  » [2]

Bien qu’elles ne soient ni scientifiquement, ni politiquement correctes, les filiations établies entre les Gaulois et les Français, les Germains et les Allemands, les Helvètes et les Suisses, les Romains et les Italiens… ou les Belges et les Belges ont la vie dure. Il est courant d’en rechercher l’origine dans l’historiographie romantique du XIXè siècle. Il faut en réalité remonter le courant beaucoup plus loin, ainsi que l’a établi un travail de fin d’études présenté à la Katholieke Universiteit Leuven [3]. Continuer à lire … « De tous les peuples de la Gaule… »

Civilisation, exploitation, exactions…: le Congo léopoldien (2)

La protection des indigènes était inscrite dans la législation de l’Etat indépendant. Mais l’autorité centrale, incapable de contrôler l’ensemble du territoire, n’a pas pu empêcher les abus et les violences d’Européens comme d’Africains. L’unification du pays et l’amorce de son développement n’en sont pas moins l’héritage de cette époque (1885-1908)

Leopold II des Belges
Léopold II souverain absolu du Congo ? En théorie seulement. Sur le terrain, les relais ont largement fait défaut. (Source: Rue des Archives / PVDE, https://www.bridgemanimages.us/en-US/search?filter_text=Leopold%20II&filter_group=all&filter_region=BEL&sort=most_popular)

Le 14 septembre 1908, Albert Lantonnois van Rode, vice-gouverneur général de l’Etat indépendant du Congo (EIC), adresse à Bruxelles une liste des agents contre lesquels une instruction judiciaire a été ouverte. Cela donne, commente-t-il en substance, l’impression que les abus sont devenus bien ordinaires. Les dévoyés sont particulièrement nombreux au Kasaï (Zana Etambala, pp. 114-117) [1].

Dans un ouvrage publié en 1898, le docteur Raymond Rihoux relate les propos d’un chef de poste de l’Etat à Nkutu (district du Lac Léopold-II), lequel s’est vanté, au retour d’une expédition décidée à la suite d’une révolte, d’avoir avec ses meilleurs tireurs tué deux ou trois hommes dans chaque village de la région. Sans faire de blessés: l’ordre a été donné de « viser le cœur »  (Zana Etambala, p. 166).

En 1904, Alfred Scrivener, de la British Baptist Missionary Society, dénonce le travail forcé et le régime de terreur instaurés dans l’actuelle province de Maï Ndombé par le sous-lieutenant de la Force publique (police) Charles Massard. Celui-ci sera poursuivi mais non condamné, faute de preuves diront les uns, ou parce qu’on a voulu éviter le procès d’un système selon les autres (Zana Etambala, pp. 179-185). Dans le contexte des concurrences coloniales et religieuses, un témoignage anglo-saxon et protestant peut certes être sujet à caution. Mais quand le gouverneur général Théophile Wahis interdit les incendies de villages par représailles, il reconnaît à tout le moins qu’ils existent. Et son ordre n’est pas nécessairement suivi partout…

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Civilisation, exploitation, exactions…: le Congo léopoldien (1)

Pour le Roi comme pour ses contemporains, il n’y avait pas de contradiction entre l’élévation des peuples coloniaux et l’enrichissement de la métropole. Mais sur le terrain, on ne peut nier que l’entreprise a dérapé, même si les accusations récurrentes furent au départ étroitement liées aux ambitions britanniques en Afrique centrale (1885-1908)

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Cette superposition de la carte du Congo (frontières en pointillé) sur celle de l’Europe donne une idée de l’immensité du territoire. (Source: n. 2, p. 69)

L’abondante bibliographie de notre histoire coloniale s’est enrichie de trois ouvrages centrés sur la période léopoldienne – la plus controversée, comme on le sait. Signe des temps: deux sont dus à des chercheurs natifs du Congo, dont un y vit. Leurs regards n’en divergent pas moins, exactement comme l’ont fait ou le font toujours ceux des acteurs, des témoins et des experts belges. Le livre de Mathieu Zana Etambala, docteur en histoire (Katholieke Universiteit Leuven), a été entrepris dans le prolongement d’un projet de recherches du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren [1]. On y trouve brassées amplement les sources relatives aux débuts de la colonisation dans quatre régions tenues pour avoir été durement éprouvées: le royaume Kuba (qui résista longtemps à toute pénétration étrangère blanche ou noire), le Domaine de la  couronne au lac Léopold-II (aujourd’hui Maï Ndombé), la province de l’Equateur et l’Ituri (ou Aruwimi). D’une tout autre tonalité, l’essai de Jean-Pierre Nzeza Kabu Zex-Kongo, chercheur et enseignant, docteur en géographie et pratique du développement, est un véritable plaidoyer pour l’œuvre africaine de notre deuxième souverain, sans pour autant faire l’impasse sur les zones d’ombres [2]. Venu un peu avant les deux précédents, Pierre-Luc Plasman a adapté sa thèse de doctorat, défendue à l’Université catholique de Louvain, en une étude où prévaut la volonté d’équilibrer les points de vue [3].

L’ampleur de ces travaux et du sujet lui-même justifie qu’exceptionnellement, deux articles consécutifs leur seront consacrés. Les trois approches, avec leurs spécificités, sont de celles qui redonnent la priorité à la quête du vrai, trop souvent altéré dans l’opinion commune par la masse des écrits passionnels.
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Une étrangeté, le « labyrinthe belge » ?

Au carrefour de l’européanité occidentale, la Belgique n’est pas un « petit pays » et elle n’est pas davantage « surréaliste » . Ses lignes de fracture et les questions qui se sont posées ou se posent à elle ne diffèrent pas substantiellement de celles qu’on rencontre sous d’autres cieux

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En couverture, un fragment de « L’entrée du Christ à Bruxelles » de James Ensor (1888). Dans une ambiance de kermesse ou de carnaval des plus belges, le peintre a mis en scène les acteurs de la vie publique, représentant notamment la religion (« Vive le Christ, roi de Bruxelles! » ) et les mouvements sociaux (« Vive la sociale! » ). (Source: n. 1)

Prenons du recul et de la hauteur: c’est à quoi nous convie l’histoire de Belgique remise sur le métier, pour la cinquième fois, par trois historiens de l’Université de Gand (UGent), avec la collaboration d’un quatrième de l’Université flamande de Bruxelles (VUB) [1]. Adaptation pour le grand public de l’enseignement donné aux étudiants, l’ouvrage apporte un témoignage de plus de l’intérêt suscité par un sujet nullement soluble dans notre devenir institutionnel. Citons seulement, dans la langue de Gezelle, les livres publiés ces dernières années, exactement sous le même titre, par Marc Reynebeau [2] et Benno Barnard et Geert van Istendael [3].

Richement illustrée, avec un recours (sur)abondant aux caricatures, la synthèse ici examinée se cantonne au passé socio-économique et politique, laissant de côté les domaines proprement culturel, artistique ou scientifique. En volume rédactionnel, l’après-1830 se taille la part du lion, sans pour autant que la Belgique « avant la lettre » (en français dans le texte) soit négligée (deux chapitres sur onze, plus deux chapitres à cheval sur les périodes qui ont précédé et suivi l’indépendance). On nous permettra, au passage, d’épingler ce très… belge excès d’humilité qui fait parler de « dit kleine land » (pp. 11, 25) et même « dit kleine landje » (p. 14) ou encore d’un « lilliputterland » (pp. 224, 228), contre toute évidence. La Belgique n’est pas « ce petit pays » mais bien un pays moyen, plus peuplé que la Suède (11,2 contre 9,7 millions d’habitants) et d’une superficie dépassant largement celle d’Israël (32.545 contre 21.000 km²). Continuer à lire … « Une étrangeté, le « labyrinthe belge » ? »

Tournai au cœur des tragédies gauloises

Comme nombre de villes du Bas-Empire romain, Tournai, promue au rang de chef-lieu, fait face à l’insécurité en se dotant d’une enceinte. Les traces archéologiques témoignent toutefois d’une grande continuité dans la cité. Les crises y ont peu de répercussions avant que les Francs Saliens se rendent maîtres des lieux (IIIè-Vè siècles)

Pour nos régions, incluses dans la Gaule septentrionale, le Bas-Empire romain n’a rien d’un long fleuve tranquille. Oubliez la Pax romana, même si la chute finale est encore loin: invasions / migrations des peuples d’au-delà du Rhin, contre-pouvoirs émergents et guerres civiles, désordres et brigandages… reviennent par vagues persistantes à partir de la fin du IIè siècle, avec un premier pic franc au milieu du IIIè. Les ruines abandonnées et les magots enfouis, jamais récupérés, constituent les témoins archéologiques les plus éloquents de cette époque. S’y ajoutent les remparts dont s’entourent alors les villes et les ouvrages de défense qui jalonnent les principales voies de circulation. Certes, il est aussi des phases de rémission, particulièrement au troisième tiers du IVè siècle, quand s’élève le chant du cygne gallo-romain.

Un colloque consacré aux villes fortifiées entre Loire et Rhin (diocèse de Trèves) a fourni à Raymond Brulet l’occasion de faire le point sur le Tournai de l’Antiquité tardive [1]. La contribution du professeur émérite de l’Université catholique de Louvain traite principalement des résultats des fouilles relancées, au cours des deux dernières décennies du XXè siècle, par d’importants chantiers dont le moindre n’est pas celui de la restauration de la cathédrale Notre-Dame. Continuer à lire … « Tournai au cœur des tragédies gauloises »

Le Limbourg avait (trop) bonnes mines

Peu de régions ont connu une mutation aussi accélérée que la Haute Campine après la découverte de ses richesses en charbon. Le paysage porte encore les traces de cette transition du monde rural au monde industriel. Depuis que les puits sont fermés, il faut concilier préservation du patrimoine et redéploiement économique (1901-1992)

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A Winterslag (Genk), le contraste entre l’industrie et le paysage campagnard. (Source: Koen De Langhe, http://www.fotogeniekbelgie.be/beeldbank/landschappen/mijnstreek-winterslag.html)

La Belgique a retiré en juin 2019 la candidature de la Haute Campine au patrimoine mondial de l’Unesco. La décision faisait suite à un avis très critique rendu par le Conseil international des monuments et sites (Icomos), l’organe qui conseille l’institution onusienne. « Le retrait laisse ouverte la possibilité de déposer plus tard une candidature modifiée » , se console Piet Geleyns, acteur de la cause dans le cadre de l’Agentschap Onroerend Erfgoed (Agence du patrimoine immobilier) [1]. Pour le maintien de cette ambition, il y a des atouts, certes, mais aussi bien des handicaps.

Exceptionnelle, de fait, est la transition éclair que connut cette région dès le jour où une prospection, menée par le géologue liégeois André Dumont, professeur à l’Université catholique de Louvain, aboutit à la découverte des premières veines de charbon limbourgeois. C’était en août 1901 à As, à 541 mètres de profondeur. Et sur cette terre austère, peu rentable, de tourbe, de sable et de cailloux, appréciée des peintres paysagistes (l’école de Genk) mais ne pouvant avoir d’agriculture qu’extensive et moutonnière, se mirent à pousser par-dessus les puits les « belles fleurs » à molette répandant leurs odeurs et leurs bruits sous les nuages d’encre. Ce n’est pas un hasard si le botaniste Jean Massart publia à cette époque son ouvrage fondateur Pour la protection de la nature en Belgique. Mais les fermes traditionnelles, les moulins à eau et les villages bucoliques n’avaient pas disparu, créant par endroits des anachronismes saisissants.

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Sainte Begge n’était pas béguine

Veuve, ayant décidé de se consacrer à Dieu, la fondatrice de l’abbaye d’Andenne, qui fut aussi la grand-mère de Charles Martel, a bénéficié d’un regain de popularité au XVè siècle, quand son nom la fit associer erronément au mouvement des béguinages (VIIè siècle)

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Buste reliquaire de sainte Begge en l’église de Chèvremont. (Source: Yves Sorée, https://www.bibliotheca-andana.be/?page_id=153704)

« Une sainte noble au destin tourmenté et à la descendance royale » : telle fut Begge d’Andenne selon les termes de Sophie Leclère (Université Saint-Louis-Bruxelles) [1]. Et cependant, les médiévistes ne se sont pas bousculés au portillon pour mettre en lumière la fondatrice de l’abbaye de la ville mosane, morte sans doute vers 693. Sa renommée, en fait, n’a guère débordé le cadre local et son dossier hagiographique ne pèse pas bien lourd: un texte, quatre copies, trois miracles. L’historienne a entrepris d’établir une généalogie des sources (stemma codicum) relatives à cette figure inscrite dans un lignage des plus prestigieux: fille du maire du palais d’Austrasie saint Pépin de Landen et mère de son successeur (non immédiat) Pépin le Jeune, dit de Herstal, lui-même père de Charles Martel, futur vainqueur des musulmans dans les environs de Poitiers, et grand-père de Charlemagne. Le royaume mérovingien d’Austrasie s’étend alors sur le nord-est de la Gaule, en ce compris la Belgique contemporaine, avec Metz pour capitale.

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Les infortunés de l’emploi hier, aujourd’hui, demain

La présence étrangère sur le marché du travail a toujours été prisée par les employeurs quand elle contribuait à la bonne marche de l’économie. Depuis les années ’70, ils ont été rejoints par les tenants de la promotion de toutes les diversités culturelles et de la (sur)protection de toutes les minorités (XIXè-XXIè siècles)

Dans les années 1933-1934, le gouvernement belge s’est efforcé de combattre le chômage, alors en pleine croissance, par la limitation du nombre de travailleurs étrangers. Cette politique ne différait guère de celle menée en France, y compris par le Front populaire, au nom de « la protection de la main-d’œuvre nationale » . Bien de l’eau a coulé depuis sous les ponts, c’est le moins qu’on puisse dire. De nos jours, pareilles mesures seraient dénoncées dans les médias mainstream comme « populistes » ou « rappelant les heures sombres de notre histoire » ! Les Etats s’accordaient hier le droit de fixer la proportion maximale de migrants pouvant être employés dans les entreprises. Aujourd’hui, c’est de chiffres minimums ou de quotas à atteindre qu’il est question.

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La personne en avant, le parti derrière

L’individualisation apparaît comme le maître mot dans l’évolution récente des campagnes électorales, liée notamment à l’obligation de présenter des candidats différents à tous les niveaux. Le processus est allé de pair avec le recours à des célébrités extérieures au sérail politique. Mais la particratie garde la haute main (2007-2014)

Quand on considère l’histoire politique de la Belgique au cours des dernières décennies, quelques grands bouleversements viennent aussitôt à l’esprit: le clivage communautaire, la médiatisation, le multiculturalisme, la dilution des idéologies classiques, l’effritement des « piliers » d’appartenance (catholique, socialiste, libéral), la volatilité de l’électorat, mais aussi la personnalisation des pouvoirs comme des oppositions. « Les hommes politiques et les dirigeants politiques doivent de plus en plus s’expliquer sur leur tempérament, leurs antécédents et leur vie privée, soulignent Alain Meynen et Els Witte. La présentation, la représentation et la perception occupent une position plus centrale dans le message politique, ce qui s’explique naturellement dans une large mesure par le rôle accru de la communication et des professionnels du marketing » [1].

A l’aide d’une enquête comparative menée sur les candidats aux élections fédérales de 2007, 2010 et 2014 (Comparative Candidate Survey, CCS), deux professeurs et un chercheur de l’Université catholique de Louvain ont entrepris d’analyser de plus près les déterminants de ladite personnalisation [2]. On notera que l’ouvrage collectif dans lequel s’insère leur travail fait usage, dès son titre, d’un concept souvent considéré comme polémique mais qui se trouve validé en politologie: la particratie ( « the Belgian Partitocracy » )…

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Des passions américaines pour les émaux mosans

Nos chefs-d’oeuvres abondent aux Etats-Unis où les collectionneurs ont alimenté les fonds muséaux. Parti à la recherche de ces joyaux, Philippe George en a fait le fil rouge d’une histoire de l’art jusqu’en 1789 dans l’espace wallon actuel. L’orfèvrerie ainsi que les pierres et marbres constituent des traits saillants de cette aire culturelle

Quand, en visite à New York, vous pénétrez dans le bâtiment principal du Metropolitan Museum of Art (Met) et y gagnez les salles consacrées à la vieille Europe, c’en est fini du dépaysement éprouvé en parcourant la ville de toutes les démesures. Retour au bercail! Une partie de la section médiévale se trouve ici, une autre au musée des Cloîtres, dans le nord de Manhattan. Le premier noyau fut le don de quelque deux mille objets du richissime financier John Pierpont Morgan par son fils en 1917. L’année de l’entrée en guerre des Etats-Unis: comme s’il avait fallu souligner, à ce moment, nos racines communes… Aujourd’hui, la collection est une des plus exhaustives du monde.

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Caricature de John Pierpont Morgan (1837-1913) faisant venir à lui des œuvres d’art du monde entier avec un aimant en forme de dollar. (Source: Pierpont Morgan Library, New York; n. 1, p. 27)

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