Pour faire du feu, la pierre à briquet frottée sur un objet métallique fut longtemps la méthode par excellence. Il fallut pour la détrôner l’avènement des allumettes à friction, du briquet à essence ou, dans un autre registre, du fusil à percussion. Ce qu’on ignorait avant que l’archéologie nous le révèle, c’est qu’à certaines époques, les hommes produisirent les indispensables étincelles en réemployant des silex taillés des millénaires auparavant, au néolithique.
L’étude de cet usage vient d’être enrichie par Michel Fourny (Société royale d’archéologie de Bruxelles) avec cinq collègues, à la suite des fouilles menées dans les nécropoles mérovingiennes de Bossut-Gottechain (section de la commune de Grez-Doiceau) et de Viesville (section de Pont-à-Celles), occupées entre le Ve et le VIIe siècle après J-C [1]. Des silex préhistoriques y ont été mis au jour respectivement dans 108 tombes sur 436 du site brabançon et 50 sur 145 du site hennuyer – des tombes essentiellement masculines. Des compléments d’information ont été apportés par des échantillons issus des fouilles de Ciply (Mons), menées à la fin du XIXe siècle, quand les procédés traditionnels d’inflammation étaient encore très présents dans les mémoires. S’y ajoutait alors la croyance qu’il avait suffi à nos ancêtres de se baisser pour ramasser des artefacts. L’archéologue Louis Leguay, s’adressant en 1870 à la Société d’anthropologie de Paris, n’en doutait, pas: « Aux temps mérovingiens, au Moyen Age, dans tous les pays, chaque homme portait son briquet avec lui, et n’importe où il se trouvait, il se procurait du feu avec le premier silex venu » .
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