L’indépendance congolaise vue de Rome

Si le Saint-Siège a été très tôt favorable à l’accession graduelle des peuples colonisés à un self-government, des voix discordantes se sont fait entendre. Les émeutes de 1959 et le lâcher tout de la Belgique ont conduit le Vatican à accélérer l’africanisation du clergé, tout en appelant au maintien de liens étroits avec l’ex-métropole (1954-1960)

   En 1957 paraissait, sous le titre Le Vatican contre la France d’outre-mer ?, un ouvrage qui fit le buzz, comme on dirait de nos jours. Dans l’esprit de son auteur François Méjan, le point d’interrogation était en fait superflu. La papauté poussait bel et bien à l’indépendance des peuples colonisés, selon ce haut fonctionnaire socialiste qui le déplorait, et il n’était pas le seul. Chez nous aussi, l’idée d’un soutien du successeur de Pierre aux émules de Senghor et de Sékou Touré était et demeure répandue.

   Qu’en fut-il pour le Congo belge et les territoires sous tutelle (Ruanda-Urundi) ? Guy Vanthemsche, professeur émérite d’histoire contemporaine à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et spécialiste de notre histoire africaine, a interrogé à ce propos les sources disponibles, particulièrement celles émanant des diplomates en poste auprès du Saint-Siège. La réalité qui en ressort s’avère des plus nuancées [1].

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Choisir entre l’Italie et le Pape

L’unification de la péninsule et le sort des Etats pontificaux opposent catholiques et anticléricaux. Alors que libéraux et francs-maçons soutiennent Garibaldi, les zouaves sont recrutés pour défendre la cause papale. Un traité de commerce et la participation à l’Union monétaire latine rapprochent néanmoins la Belgique et l’Italie (1860-1875)

   Quand, en 1866, la Prusse vainc à Sadowa l’Autriche en plein déclin, elle ne fait pas qu’imposer définitivement son leadership à l’Allemagne: elle tire aussi les marrons du feu pour son alliée l’Italie. Celle-ci, en effet, bien que défaite sur le terrain militaire, pourra ajouter la Vénétie et la province de Mantoue au puzzle de son unité. Il ne lui manquera plus, comme pièce maîtresse, que Rome.

   A la résonance en Belgique de ces événements, de leurs prémices et de leurs suites, est consacré un ouvrage collectif dirigé par Michel Dumoulin, Vincent Genin et Sabona Gola [1]. La moisson y est abondante, sur d’autres plans toutefois que celui de l’histoire diplomatique stricto sensu. Car bien davantage que les fortunes et infortunes du Risorgimento, c’est la guerre austro-prussienne qui a capté les attentions chez nous. Plus précisément, « on s’inquiète vivement des conséquences du triomphe prussien et de la politique des pourboires de Napoléon III » , souligne Christophe Chevalier [2], en ce temps où la reine Victoria elle-même redoute la « politique de brigand » que l’Empereur des Français pourrait être tenté de mener au nord de ses frontières (pp. 48, 42).

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