Pilleurs de troncs, gibier de potence

Pris en flagrant délit dans une église de Dinant aujourd’hui disparue, trois « étrangers » vivant de rapines de ville en ville ont payé de leur vie leur vol considéré comme un sacrilège. L’instruction judiciaire a mis en lumière leur vaine recherche d’un métier stable, suivie de leur errance de hors-la-loi sans frontières (1698)

   Dans le fonds de l’échevinage de Dinant, déposé aux Archives de l’État à Namur, sont contenues les pièces du procès de trois pilleurs de troncs pris en flagrant délit dans la « bonne ville » alors liégeoise, à la fin du XVIIe siècle. De ces archives, Pascal Saint-Amand, animateur à la maison du Patrimoine médiéval mosan, a tiré les riches enseignements, tant sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire que sur le profil social des aigrefins du temps [1].

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Une exposition universelle entre futurisme et tradition

Comme d’autres, celle de Bruxelles en 1897 a vu s’affronter les projets valorisant le patrimoine ancien et ceux qui tablaient sur les créations présentes et à venir. Paul Hankar, un des pères de l’Art nouveau, a fait les frais de cette concurrence. Mais les « modernes » n’étaient pas tous opposés au recyclage des formes historiques (1894-1900)

   Quand Bruxelles se prépare à accueillir l’Exposition universelle de 1897, l’événement a déjà connu pas moins de trente-cinq éditions. La première, en 1851, s’est déroulée à Londres dans le cadre du célèbre Crystal Palace. Deux, relativement proches, se sont déployées à Anvers, en 1885 et en 1894. Toutes ont été de grandes manifestations commerciales et technologiques, mais aussi culturelles et patrimoniales. Les découvertes scientifiques les plus récentes et les produits de l’industrie les plus innovants y ont côtoyé les reconstitutions d’anciens cadres de vie ou de grands monuments hérités du passé.

   Dans notre capitale, cette ambivalence a été source de tensions révélatrices de l’esprit de l’époque à bien des égards. On dispose aujourd’hui, sur ce sujet, du précieux éclairage de Yaron Pesztat, philosophe de formation, curateur « architecture moderne » au Centre d’information, de documentation et d’exposition de la ville, de l’architecture, du paysage et de l’urbanisme de la Région de Bruxelles-Capitale (Civa) [1].

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Des échevins et leurs sceaux dans le temps

Chacun d’eux avait le sien. Garants de la validité des actes, ils témoignent de l’imagerie et de la symbolique d’une époque ainsi que de l’art des graveurs qui atteint son apogée au XIVe siècle. Il y a plus de cent ans, Albert Huart avait retrouvé et décrit ceux de la Ville de Namur. Son travail est aujourd’hui complété par René Laurent (XIIIe-XVIIe siècles)

   Ancêtres de nos tampons modernes – avant nos signatures numériques –, les sceaux ont servi longtemps de garants de la validité des actes sur lesquels ils étaient apposés. Leur usage à tous les niveaux de pouvoir, ainsi que ce qu’ils révèlent des représentations de leurs contemporains, confèrent tout son intérêt au riche ensemble des photographies de moulages de la collection des Archives générales du Royaume (AGR), aujourd’hui accessible en ligne [1]. Intérêt aussi, dans le cas plus particulier de Namur, du travail accompli par un érudit dès le début du siècle dernier et poursuivi ces dernières années par un autre: il nous ouvre l’instructive série des sceaux des échevins de la Ville au Moyen Age et aux premiers Temps modernes [2].

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