Quand Louis XIV tenait la Trouille

Pour faire face à ses ennemis lors de la guerre de Succession d’Espagne, la France disposait notamment de lignes de défense aménagées au long de la Trouille, du sud de Mons à la frontière actuelle de l’Hexagone. Elles n’ont pas empêché le repli de l’armée du « Roi-Soleil ». Quelques traces de l’ouvrage subsistent aujourd’hui (1690-1709)

   Voici un de ces temps où notre pays a mérité plus que jamais son surnom de « champ de bataille de l’Europe » . En 1700, la mort sans descendance de Charles II de Habsbourg, roi d’Espagne, provoque un conflit entre la France et le Saint Empire romain germanique. Il prend rapidement une dimension internationale. Contre Louis XIV, une coalition réunit l’empereur Léopold Ier, l’Angleterre, les Provinces-Unies (Pays-Bas actuels), la plupart des princes allemands et le Danemark.

   L’espace belge grosso modo, hormis la principauté de Liège, tombe alors sous le « pouvoir angevin » , celui de Philippe d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, héritier contesté de la monarchie espagnole, donc aussi de la souveraineté sur nos Pays-Bas méridionaux. Avant que le traité d’Utrecht (1713) remette ceux-ci à l’Autriche, nous sommes entraînés, une fois de plus, dans les guerres du « Roi-Soleil » .

   En été 1709, les Puissances alliées opérant sur notre sol refoulent les Français vers le sud et menacent leur territoire d’invasion. Pour y parer, ils peuvent s’appuyer sur les fortifications de Vauban, bien sûr, mais aussi sur une série de lignes de défense construites au long de la Trouille, affluent de la Haine – deux aptonymes de circonstance! – et de ce fait sous-affluent de l’Escaut. Bruno Van Mol, ingénieur honoraire des Ponts & Chaussées et cofondateur du musée de la Route à Mons, est venu apporter quelques éclaircissements sur cet ouvrage [1].

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La crèche entre le drapeau rouge et la croix

Comme la famille, les lieux d’accueil de la petite enfance ont été conçus différemment au sein des « piliers » chrétien et socialiste, le premier privilégiant les gardiennes privées dans un cadre à dimension humaine, le second préférant les puéricultrices diplômées et les structures publiques. Mais les lignes ont bougé avec le temps (1960-1980)

   A partir des années 1960, l’accès croissant des femmes au travail salarié rend criants les besoins en lieux d’accueil pour les enfants en bas âge. Les mouvements féminins tant chrétiens que socialistes – pour s’en tenir aux deux principaux « piliers » – se mobilisent à cette fin, mais pas toujours de la même manière. Les modalités de leur action, ses résultats et les oppositions qu’elle révèle ont fait l’objet d’une étude due à Juliette Masquelier, postdoctorante à l’Université d’Anvers et à l’Université libre de Bruxelles, et Margaux Roberti-Lintermans, titulaire d’un doctorat en histoire à l’Université catholique de Louvain [1].

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