Au début de la Seconde Guerre mondiale, l’armée belge comptait environ 650.000 hommes. Après la campagne des 18 jours et la capitulation (10-28 mai 1940), on estime à quelque 100.000 le nombre de ceux qui furent et restèrent prisonniers en Allemagne, déduction faite des bénéficiaires de la décision « ethnique » de libérer les Flamands. Parmi ces derniers, certains furent toutefois maintenus en détention pour avoir manifesté des sentiments patriotiques hostiles aux vainqueurs, alors que des francophones ayant réussi le test de langue allemande purent regagner leurs foyers.
Les combattants qui ne retrouvèrent pas d’emblée la liberté n’attendirent pas tous la fin des hostilités dans les oflags (pour les officiers ) et les stalags (pour les sous-officiers et hommes de troupe). Un certain nombre fut rapatrié pour raisons médicales. D’autres parvinrent à s’évader. De ces derniers, Bernard Wilkin (Archives de l’Etat) et Bob Moore (Université de Sheffield, professeur émérite) ont ouvert les dossiers et recueilli les récits [1]. Leur travail s’est étendu aux civils et aux démobilisés ayant entrepris, par des voies clandestines, de s’exiler ou de rejoindre les forces alliées. Les réseaux Comète et Sabot notamment servirent ces desseins.
Continuer à lire … « Les fuites du Troisième Reich »