Les Belges fauteurs de troubles aux Pays-Bas ?

Attirés par les salaires hollandais, les travailleurs frontaliers ont été souvent montrés du doigt pour avoir instigué des conflits sociaux à l’encontre de la culture du consensus qui prévaut chez nos voisins. Dans la plupart des cas, il ont en fait défendu leurs intérêts spécifiques ou suivi des mouvements décidés par les syndicats nationaux (1960-1980)

   Au tournant des années ’60 et ’70, on compte quelque 25.000 Belges travaillant aux Pays-Bas sans y résider, contre moins de 10.000 en 1960. Cette progression est due en grande partie à l’attractivité des salaires hollandais poussés à la hausse par un marché de l’emploi serré dans le secteur industriel. Avec la crise de 1974 viendra la décrue. Dans les années ’80, il ne restera qu’une fourchette de 14.000 à 16.000 hommes et femmes. Les contingents les plus importants ont été engagés dans des entreprises proches de la frontière: à Eindhoven chez le fabricant d’électronique Philips (2200 en 1962) et les automobiles Daf (1000) ainsi qu’à Maastricht à l’usine de céramique Sphinx (1700), qui constituent le « top trois » .

   Faut-il s’en étonner ? Ces compatriotes franchissant quotidiennement la frontière ont été loués ou dénigrés – selon les points de vue – pour avoir été les instigateurs de nombre de conflits sociaux survenus dans les entreprises néerlandaises où ils pesaient numériquement. Reste à savoir si ce fut à tort ou à raison… Ad Knotter, professeur émérite de l’Université de Maastricht, a pris cette question à bras-le-corps [1].

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