Oudewater entre papistes et gueux

Quand les grands Pays-Bas se déchirent, la ville frontalière subit le pire des caranages. Passée dans le camp des Provinces-Unies, elle renaît de ses cendres, mais la cohabitation pacifique atteint rapidement ses limites entre catholiques et protestants, et plus encore parmi ces derniers (1572-1619)

   L’hôtel de Ville d’Oudewater, dans l’actuelle province d’Utrecht, conserve un tableau monumental du peintre Dirck Stoop, daté du milieu du XVIIe siècle. Comme le précise son titre, De Oudewaterse Moord, il s’agit d’une évocation du massacre qui accompagna le 7 août 1575, au début de la guerre de Quatre-Vingts Ans, la prise de cette position stratégique par les troupes servant le Roi d’Espagne.

   Déclenché à la suite d’un soulèvement aux motivations multiples, ce conflit allait déboucher sur la scission des grands Pays-Bas – grosso modo le Benelux, plus une partie du Nord de la France, moins la principauté de Liège. La tragédie d’Oudewater s’est inscrite dans le contexte d’une relance de l’offensive des forces de Philippe II contre des communes séditieuses qui seront plus tard frontalières. De longues négociations s’étaient déroulées auparavant avec les insurgés à Breda, mais elles s’étaient avérées infructueuses. La parole était de nouveau aux armes.

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