Philippe Boesmans, l’homme de toutes les musiques

Marqué à ses débuts par le courant sériel, le compositeur de « La Passion de Gilles » et de « Pinocchio » a évolué vers une écriture plus classique, convaincu qu’il fallait « retrouver la grâce » et s’inspirant librement des styles de n’importe quelle époque. Le tout sans jamais se départir de son sens de l’humour (1960-2022)

   Son décès, le 10 avril 2022 à Bruxelles, mobilisa les médias beaucoup moins que celui du chanteur Arno… treize jours plus tard, ou celui de l’écrivain Hugo Claus quelques années auparavant. Philippe Boesmans fut pourtant une figure majeure de ce qu’il est convenu d’appeler la jeune musique. Le livre que lui consacre le journaliste et pédagogue Camille De Rijck, qui fut son confident, se présente comme un hommage, avec le caractère laudatif qui est la loi du genre [1]. Il n’en est pas moins instructif, après les études musicologiques suscitées par l’œuvre du compositeur et en attendant, le recul aidant, sa biographie scientifique.

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Le roi Baudouin, mystique et politique

De l’emprise des partis aux questions éthiques, de la décolonisation aux réformes de l’Etat, les carnets privés du cinquième Roi des Belges révèlent le regard de foi qu’il porta sur chaque événement comme sur le drame de ne pas avoir d’enfant. Le constat de son humanité, manifestée de multiples manières, fit l’unanimité (1950-1993)

   Entre les débuts du prince royal, nullement préparé, considéré par ses ministres comme un « non-interlocuteur » , et le dernier hommage rendu au Roi par quelque 500.000 Belges faisant la file devant le palais et 38 chefs d’Etat présents aux funérailles, que de chemin parcouru! Vincent Dujardin, professeur à l’Université catholique de Louvain, n’a pas ménagé ses peines pour le retracer [1].

   Spécialiste de nos temps contemporains, il a entrepris ses recherches au moment le plus opportun, quand les archives commençaient à s’ouvrir alors qu’un nombre important de témoins et d’acteurs pouvaient encore être interrogés. On soulignera particulièrement l’importance des entretiens de l’historien avec la reine Fabiola et de l’accès qu’elle lui a ouvert aux écrits privés de son mari.

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Les fuites du Troisième Reich

Les récits des évadés des camps allemands de prisonniers de guerre frisent parfois l’incroyable. Environ 1 % des captifs ont réussi cette aventure périlleuse. Avec les civils fuyant la Belgique occupée, ils ont souvent transité par l’Espagne pour s’exiler ou rejoindre les forces alliées en Angleterre (1940-1945)

   Au début de la Seconde Guerre mondiale, l’armée belge comptait environ 650.000 hommes. Après la campagne des 18 jours et la capitulation (10-28 mai 1940), on estime à quelque 100.000 le nombre de ceux qui furent et restèrent prisonniers en Allemagne, déduction faite des bénéficiaires de la décision « ethnique » de libérer les Flamands. Parmi ces derniers, certains furent toutefois maintenus en détention pour avoir manifesté des sentiments patriotiques hostiles aux vainqueurs, alors que des francophones ayant réussi le test de langue allemande purent regagner leurs foyers.

   Les combattants qui ne retrouvèrent pas d’emblée la liberté n’attendirent pas tous la fin des hostilités dans les oflags (pour les officiers ) et les stalags (pour les sous-officiers et hommes de troupe). Un certain nombre fut rapatrié pour raisons médicales. D’autres parvinrent à s’évader. De ces derniers, Bernard Wilkin (Archives de l’Etat) et Bob Moore (Université de Sheffield, professeur émérite) ont ouvert les dossiers et recueilli les récits [1]. Leur travail s’est étendu aux civils et aux démobilisés ayant entrepris, par des voies clandestines, de s’exiler ou de rejoindre les forces alliées. Les réseaux Comète et Sabot notamment servirent ces desseins.

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