Le Luxembourg, si impérial et si fragile

Ses comtes puis ses ducs sont appelés à de hautes destinées, sur les trônes de l’Empire, de la Bohême, de la Hongrie… Mais leur absence dans leur domaine ancestral et les pratiques de mise en gage de celui-ci favorisent l’instabilité et les troubles ainsi que les prétentions et les libertés des élites locales (1308-1437)

   Pour le Luxembourg, le tournant des XIVe et XVe siècles n’a rien d’un âge d’or. Selon les termes du  médiéviste Michel Margue, le pays se trouve alors plongé « dans un état de guerre permanente et de déclin économique » [1]. Est en cause, paradoxalement, la bonne fortune de la maison régnante, appelée à de si hautes destinées qu’il lui est difficile de maintenir une souveraineté stable dans son propre domaine. Cet état de complexité et de fragilité vient de recevoir l’éclairage de l’historienne et philologue Christa Birkel, dans une contribution dérivée de sa thèse défendue à l’Université du Luxembourg [2].

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A la Ville ou au Duché, les comptables d’antan

Si les officiers en charge notamment de la perception des impôts devaient fréquemment leur fonction à de bonnes relations en haut lieu, ce poste a pu être, pour d’autres, un puissant ascenseur social. Pour être receveur princier, par contre, il fallait faire partie des hommes de confiance des ducs de Bourgogne (XIVè-XVIè siècles)

   Entre 1295 et 1500, vingt hommes ayant exercé la fonction de clerc de la Ville de Mons ont été recensés. Il ne s’agit pas ici d’ecclésiastiques mais bien d’officiers à gages, en charge notamment des comptes de la massarderie, ainsi qu’on appelle alors la perception des impôts dans le comté de Hainaut – aujourd’hui partagé entre la province belge du même nom et le département français du Nord. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Où vont-ils ?… Les sources n’abondent pas pour reconstituer les itinéraires de ces personnages majeurs. Il faut les appréhender à travers les comptes eux-mêmes et les registres conservés aux Archives de la capitale hennuyère [1].

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