Surveiller et punir, mais aussi gracier

Quand la prison devient une peine à part entière, la clémence est sollicitée pour des faits plus légers: moins d’homicides, davantage de vols, de fraudes, de vagabondage… Les femmes y prennent dès lors plus d’importance. Mais la grâce est aussi au service de la discipline des établissements et de la régulation de leur population (1716-1794)

   Dans Surveiller et punir, un des classiques de Michel Foucault [1], l’émergence dans l’histoire du monde occidental de la prison, au sens moderne d’institution pénale conçue pour l’enfermement, apparaît liée à des formes de rationalité et de discipline devenues dominantes et étendues à l’autres structures de la vie sociale. Il ne faudrait toutefois pas perdre de vue, dans l’approche de cette mutation, qu’elle a aussi eu pour effet, à la fin de l’Ancien Régime, de transformer et d’amplifier considérablement l’usage de la grâce. C’est ce qu’est venue rappeler Julie Douley (Université catholique de Louvain) à la récente quadriennale des historiens belges, en mettant l’accent sur les conséquences de cette évolution pour les femmes [2].

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