Les Celtes et leurs histoires d’eaux

Les Celtes ont pratiqué la pêche et la quête d’or dans les alluvions des cours d’eau selon des techniques qui ne diffèrent guère des nôtres. L’iconographie et l’archéologie subaquatique, notamment à la grotte de Han, révèlent aussi la place des eaux de surface ou souterraines dans les croyances et les mythes d’alors (VIIè-Ier siècles av. J-C)

Deux expositions récentes, une luxembourgeoise et une namuroise, ont mis à l’honneur les Celtes dont l’arrivée sous nos cieux, à partir du VIIè siècle av. J-C et après un long brassage de populations, coïncide avec la percée du fer [1]. Nécropoles, habitats, fortifications, art, orfèvrerie, céramique, tissage… identifient dans l’ordre matériel cette communauté de peuples indo-européens qui vont façonner notre civilisation jusqu’à la conquête romaine. Au deuxième âge du fer, qui débute autour de 450 av. J-C et a reçu le nom du village suisse de La Tène, un certain syncrétisme belge apparaît déjà à l’œuvre avant la lettre, nos régions participant à la fois de la culture du Hunsrück-Eifel (Rhénanie-Palatinat) dans le Nord et de celle de la Marne dans le Sud.

Bien qu’au cœur d’une province qui renferme surtout de cette époque des sites funéraires, c’est le rapport à l’eau dans toutes ses dimensions – alimentation, transports, croyances… – qui a été retenu pour thème au musée des Celtes de Libramont. Ce choix a induit le recours à divers objets et études sortant du cadre géographique local. Mais celui-ci n’est pas qu’un obstacle, loin de là. Il y a deux millénaires et demi déjà s’affirme l’importance des gués, des ponts, des digues qui permettent, avec les routes et les pistes, de traverser les Ardennes. Continuer à lire … « Les Celtes et leurs histoires d’eaux »

Comment nos ancêtres baptisèrent les eaux

La Meuse génératrice de marais et d’humidité, l’Escaut cahoteux et soumis aux marées, la Dendre… tendre, le canal Isabelle né de la guerre de Quatre-Vingts Ans, le Rekebeek d’une auberge, les Tafelzouwen de la Table des pauvres, le Splenterbeek d’un sobriquet professionnel… Il y a tant et plus à apprendre des noms donnés aux cours d’eau

En 2014, Jean Loicq, professeur émérite de l’Université de Liège et membre de la section wallonne de la Commission royale de toponymie et dialectologie, publiait une étude détaillée des noms de rivières du Sud du pays [1]. La section flamande s’est inscrite dans la même démarche, concrétisée par deux volumes dont le second est paru tout récemment [2]. Les chercheurs, ici au nombre de cinq, ont élargi le cadre en traitant non seulement des eaux courantes, mais aussi des stables (étangs, mares…). La fédéralisation de la Belgique permet donc – quand même – que des travaux soient menés complémentairement, à défaut de l’être en collaboration. Une seule somme (dans les deux langues) aurait certes été la solution du bon sens, permettant d’éviter les redites. On sait assez que nos grands fleuves (Escaut, Meuse), maintes de nos rivières (Dendre, Senne…) et aussi de nos voies navigables d’origine humaine (canal Albert, canal de l’Espierres…) coulent du sud au nord en coupant impunément la frontière linguistique étendue d’est en ouest. C’est même une des composantes du lien belge, non la seule, mais non la moindre.

Le dictionnaire de près de mille pages de l’équipe néerlandophone, à présent abouti et qui retient ici notre attention, n’usurpera certes pas sa place dans l’atelier de l’historien comme dans la bibliothèque de l’honnête homme. Aussi fidèlement que possible et sources à l’appui, l’évolution des hydronymes y est retracée à partir d’une longueur d’au moins un kilomètre (sauf exceptions). Les éventuels changements d’appellation selon les lieux sont également pris en compte. L’intérêt de l’ensemble s’accroît encore si on considère la quantité de rivières et de ruisseaux qui ont donné leur nom à des implantations ou à des lieux situés sur leurs berges.

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