L’inspirante faïence de Bruxelles

Suivant les goûts des collectionneurs de faïences de l’époque, la manufacture de Géo Martel à Desvres (Pas-de-Calais) a produit nombre de pièces inspirées notamment de modèles bruxellois anciens. Il est arrivé que les imitations soient prises pour les originaux ou que ses créations propres soient présumées bruxelloises (1900-1930)

   En présence de deux assiettes de faïence dont le décor vert de cuivre évoque des papillons survolant des herbes, avec les larves ou les chenilles de leur cycle de vie, nul besoin d’être doté un œil expert pour deviner une influence de l’une sur l’autre ou l’existence d’un modèle commun. Dans le cas présent, en effet, l’une provient d’une manufacture de Desvres (Pas-de-Calais), où l’on a imité fidèlement un des motifs les plus caractéristiques de la production bruxelloise du XVIIIe siècle, représentée par l’autre pièce.

   De l’entreprise des actuels Hauts-de-France, Géo Martel et son épouse Marguerite, tous deux artistes peintres, se sont rendus propriétaires en 1900. Pourquoi et comment se sont-ils orientés vers la reproduction d’anciens modèles bruxellois, mais aussi delftois, rouennais, neversois…, généralement conservés dans des musées ? A cette question répond un récent article de Claire Dumortier, conservatrice honoraire des céramiques européennes aux Musées royaux d’art et d’histoire, et Patrick Habets, professeur émérite de mathématiques à l’Université catholique de Louvain, avec la céramique pour violon d’Ingres [1].

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