Pourquoi les Campinois sont si débrouillards

A partir du XIVè siècle, alors que la population était devenue beaucoup plus dense, les amoncellements de sable apportés en Campine par le vent ont été mieux maîtrisés que dans les époques antérieures, médiévale, antique et néolithique. Les habitants ont relevé le défi en adaptant leurs pratiques agricoles et leur infrastructure

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La Campine d’après une estampe scolaire de Fernand Toussaint (début du XXè siècle). (Source: https://belgeo.revues.org/10178)

   L’opinion est quasi générale chez les archéologues, les géologues et les historiens: la Campine a été la proie des sables, à la fin du Moyen Age, à cause de la forte densité de sa population, celle-ci faisant reculer les bois et les couches végétales qui protégeaient le sol de l’amoncellement des apports éoliens. Cette thèse écologico-malthusienne est pourtant battue en brèche aujourd’hui par Maïka De Keyzer (Université d’Utrecht): de sa recherche ressort que c’est, tout au contraire, quand la pression sur l’environnement fut la plus forte que le défi sableux a été le mieux managé [1]. Un débat qui peut éveiller bien des résonances en notre temps…

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Toujours moins de berceaux, pourquoi ?

Comme tous les pays occidentaux, la Belgique connaît, depuis le début du XXè siècle, un déficit démographique brièvement interrompu entre 1945 et le milieu des années ’60. Le recul de la natalité est lié à des facteurs matériels mais aussi (surtout ?) aux incidences culturelles et sociétales de la sécularisation et de l’individualisme (XVIIIè-XXIè siècles)

   Avec onze ou douze berceaux par an pour 1000 habitants, la Belgique affiche aujourd’hui un des plus faibles taux de natalité du monde. Au XIXè siècle, il était trois fois plus élevé qu’en ce début du XXIè, évoluant entre 30 et 35 ‰. La chute libre a commencé au début du XXè siècle et n’a été, depuis, interrompue durablement que pendant les vingt années de rebond qui suivirent la Seconde Guerre mondiale (autour de 17 ‰). La récupération intervenue après 1918 avait été quant à elle beaucoup plus éphémère et la reprise enregistrée après les années 1980 fut trop légère. Comment expliquer ce déficit qui frappe, à des degrés divers, tous les pays du monde occidental ?

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L’évolution en Belgique des taux bruts de natalité (naissances par an pour 1000 habitants, en bleu) et de l’indice conjoncturel de fécondité (nombre d’enfants par femme, en rouge). (Source: n. 1, p. 48)

   Il n’est pas douteux que les causes économiques, fréquemment invoquées, jouent ici un grand rôle. Mais elles interagissent avec beaucoup d’autres et n’opèrent pas toujours en conformité avec les prédictions. C’est ce qui ressort de l’éclairage sur la longue durée – de la fin de l’Ancien Régime à nos jours – que jettent Thierry Eggerickx, Sandra Brée et Mélanie Bourguignon, du centre de recherche en démographie de l’Université catholique de Louvain, après avoir confronté les modèles théoriques et les monographies réalisées particulièrement en région wallonne [1].

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