Pourquoi pas un parti paysan ?

L’examen de deux débats parlementaires de la fin du XIXè siècle, sur le protectionnisme et l’approvisionnement en eau de Bruxelles, conduit à nuancer la représentation d’un parti catholique et d’un parti libéral unanimes l’un dans la défense des intérêts ruraux et paysans, l’autre dans celle des intérêts urbains et industriels (1884-1888)

   Eglise/Etat, possédants/travailleurs, centre/périphérie, agriculture/industrie: tels sont, selon les sociologues et politologues Seymour Martin Lipset (Etats-Unis) et Stein Rokkan (Norvège), les quatre lignes de clivage qui ont structuré en grande partie la vie politique dans nos pays. Et pourtant, la dernière dichotomie citée n’a jamais trouvé, en Belgique, de concrétisation dans l’existence d’un parti spécifique. Paradoxe ? Quand le Parti ouvrier belge voit le jour en 1885 (possédants/ travailleurs), plus d’un tiers de la population active est encore attelé à la culture et à l’élevage, sans qu’il y ait une formation vouée à la défense de ses intérêts.

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Pourquoi les Campinois sont si débrouillards

A partir du XIVè siècle, alors que la population était devenue beaucoup plus dense, les amoncellements de sable apportés en Campine par le vent ont été mieux maîtrisés que dans les époques antérieures, médiévale, antique et néolithique. Les habitants ont relevé le défi en adaptant leurs pratiques agricoles et leur infrastructure

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La Campine d’après une estampe scolaire de Fernand Toussaint (début du XXè siècle). (Source: https://belgeo.revues.org/10178)

   L’opinion est quasi générale chez les archéologues, les géologues et les historiens: la Campine a été la proie des sables, à la fin du Moyen Age, à cause de la forte densité de sa population, celle-ci faisant reculer les bois et les couches végétales qui protégeaient le sol de l’amoncellement des apports éoliens. Cette thèse écologico-malthusienne est pourtant battue en brèche aujourd’hui par Maïka De Keyzer (Université d’Utrecht): de sa recherche ressort que c’est, tout au contraire, quand la pression sur l’environnement fut la plus forte que le défi sableux a été le mieux managé [1]. Un débat qui peut éveiller bien des résonances en notre temps…

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Maraudages et braconnages au temps de Louis Rouget

Il y a une corrélation entre le nombre des poursuites pour atteinte à la propriété campagnarde ou forestière, étudiées ici dans l’arrondissement de Bruges, et les crises du monde agricole, la législation mais aussi les restrictions, variables selon les régions, dans l’accès aux ressources de la terre ainsi que les carences gestionnaires des détenteurs de celle-ci (1845-1895)

   Le 22 février 1845, une cinquantaine de personnes menées par un aide-maçon de Torhout, Francis Verhaeghe, vont couper un taillis qui appartient au bureau de bienfaisance de la commune. Le meneur est condamné à une peine d’un mois de prison. L’année suivante, un nouveau dossier est ouvert contre le même homme, accusé cette fois de s’en être pris à l’arbre de la liberté dressé sur la Grand-Place.

   Considéré à partir de nos critères judiciaires actuels, le cas peut paraître banal. Il l’est pourtant moins à l’époque, car pour les mêmes faits, quelques décennies auparavant, aucune poursuite n’aurait été intentée. Entre-temps, en effet, est intervenu ce que des historiens et au moins un contemporain fameux, à savoir Karl Marx, ont pu qualifier de « criminalisation des pratiques coutumières » , ici le prélèvement du bois. Les fruits de la terre – à distinguer de la terre elle-même – avaient jadis une destination en principe universelle. Ils l’ont à présent perdue.

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