Ennemi du Reich, torturé en Angleterre

Passé en Grande-Bretagne avec des renseignements précieux pour les Alliés obtenus d’Allemands antinazis, l’Anversois Jacques de Duve fut bien mal récompensé. Pris pour un dangereux espion potentiel, il fut emprisonné, mis au secret, brutalisé… Après la guerre, la Justice belge l’a définitivement blanchi (1943-1946)

  Dans le Pas-de-Calais, sur le territoire de la commune d’Helfaut, la base de tir de fusées V2 que firent construire les Allemands dresse toujours vers le ciel sa sombre coupole, forte de cinq mètres d’épaisseur de béton. Si les travaux entrepris ici avaient été menés à terme, c’est par dizaines que le dôme aurait pu cracher ses engins de morts vers l’Angleterre et la Belgique. Le débarquement de Normandie en décida autrement. Le site est aujourd’hui devenu le musée de la Coupole, un centre d’histoire et de mémoire.

  Ce qu’on ne savait pas, jusqu’à récemment, c’est que les Britanniques furent informés par un patriote belge de l’existence de ce chantier entrepris dans le plus grand secret, et ce dès son commencement en 1943. Cet informateur, Jacques  de Duve – frère de Christian, le prix Nobel de médecine –, fut pourtant bien mal récompensé, pour le dire par euphémisme… A partir des papiers de famille ainsi que de recherches menées dans les archives publiques, son beau-fils Charles-Albert de Behault a retracé minutieusement, pas à pas, cette incroyable (més)aventure [1].

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Avec l’aide des archers de saint Georges

La rumeur, un auteur fantastique, la propagande peut-être… ont inscrit dans les mémoires l’intervention, lors de la bataille de Mons, de créatures célestes venues au secours des Britanniques. Le miracle est bien que ceux-ci, inférieurs en nombre, aient réussi à compromettre l’avance allemande vers Paris (23-24 août 1914)

Des anges ou des archers ? Avec ou sans saint Georges ? Une pluie de flèches ou un halo de lumière aveuglante ? A travers leurs multiples variantes, c’est en tout cas d’un phénomène céleste, survenu dans la nuit du 23 au 24 août 1914, que font état les rumeurs propagées au lendemain de la bataille de Mons et de ses environs, surtout dans le monde anglo-saxon. Le cours des événements aurait été modifié du fait de ce supposé miracle – non validé par les autorités religieuses –, que ce soit en infligeant d’importantes pertes aux Allemands, en les contraignant à l’immobilité ou en favorisant leur localisation.

L’épisode et ses relations fabuleuses ont marqué durablement les esprits et pour cause [1]. L’affrontement en terres hennuyères entre le Corps expéditionnaire britannique (British Expeditionnary Force, BEF) commandé par sir John French et les armées ennemies d’Alexander Von Kluck a constitué, pour les soldats d’outre-Manche, le baptême du feu dans la Grande Guerre. Et c’est quand ceux-ci se trouvaient dans une situation désespérée qu’un quarteron, sur un retranchement au Bois-là-Haut et au carrefour de la Bascule,  empêcha l’encerclement et rendit possible la « retraite stratégique » . L’irruption surnaturelle est généralement située à ce moment où la défaite s’est muée en succès relatif, le retard imposé à l’envahisseur permettant le regroupement des Français et des Anglais, avec à la clé la victoire de la Marne. « L’avance allemande vers Paris aura signé ici son arrêt de mort » , résume Matthias Maudoux. Continuer à lire … « Avec l’aide des archers de saint Georges »